Cependant,
voir, in fine, l'erratum obligé.
Hommage, donc, mais aussi dommage: pour les dames de
comptoir ou de charité désordonnée
jusqu' à la petite vertu; pour la dame aux camélias
qui crache ses poumons à tout boudoir ou pour
la dame -blanche-qui-vous-regarde et écoute sans
même avorter des enfants de choeur en uni
forme chantant au pas (le pas de loi) des inepties du
genre "ah quel plaisir d'être soldat-ha"
(Boieldieu, livret de cribe).
Et qui n'est donc pas la soeur, bâtarde ou non,
de la dame blanche de Wilkie Collins.
Mais d'hommage, en effet, aux dames galantes de Bratôme,
ces belles et honnestes dames qui font l'amour et leur
mari cocu... fût-ce sur un coin de bahut.
D'hommage encore à la Dame du lac ou
des légendes de la Table ronde, dont Liana, bien
que quadrangulaire la table, fait si bien les honneurs:
madeleines éplorées au vésuvien
lacryma-christi pour coup de l'étrier.
D'hommage à Liana, assurément, liane (en
français) que d'impertinents botanistes (hou! la botte à nique de Dubuffet) osent
affirmer sarmenteuse, ce qui ne peut qu'évoquer
quelque noueux cep de vigne.
Mais Liana se moque du cep comme de la feuille, souple
et serpentine en son fourreau au parfum de dame
en noir (parfum d'oeillet peut-être, voyez
Cronin).
Quand je ne puis faire le discours de quelque chose,
énonce à peu près et quelque part
Wittgenstein, alors, je n'en dis rien.
D'où, en guise de cache-misère, ces faciles
et futiles allusions/illusions "culturelles"
pour pallier mes bégaiements, mon impuissance
à exprimer, comme jus de treille en pressoír
bordélique, la sans cesse renouvelée "créativité"
(mot à la mode comme le boeuf- mais Liana ne
suit pas plus le boeuf que les modes, ni d'ailleurs
quelque modèle que ce soit - ce qui lui épargnera,
au moins jusqu'à la fin du monde, de se démoder
comme dames aux chapeaux verts), l'étonnante
variété et multiplicité de ce qui
naît des doigts de ce malicieux lutin.
Goguenarde, souvent narquoise, acide même mais
sans appuyer pécheresse, sa productivité
("langage de notre temps") frôle par
moments ce qui serait un kitsch de bon goût et
sans niaiserie sentimenteuse: une parodie de kitsch.
Quelque chose, somme toute, qui hameçonnerait,
au moins, dans une de ses directions premières,
le poisson soluble du surréalisme.
Quelque chose, aussi, d'assez proche d'une ‘Pataphysique
bien entendue. Ainsi encore, certaines de ses créatures
ne sont-elles pas sans rappeler les difficulteurs de Robert Willems, qu'elle apprécie d'ailleurs
énormément, eux qui, à leur tour,
seraient un peu comme ces oulipiens qui s'efforcent
de sortir du labyrinthe qu'ils se sont eux-mêmes
imposé.
Plus dessinatrice ou découpeuse- me semble-t-il-
que coloriste sur le plat, la platitude (angoissante,
disait-il) du panneau blanc-ses collages, par exemple,
sont autant de paradoxes naturels ou de courts-circuits
foudroyants; la réunion, l'union plutôt
de deux éléments qu'une nécessité
généralement méconnue ou refusée
appelle à s'apparier (Magritte, si ce n'est trop
blasphémer).
Dame de pique (ô Pouchkine!), notre-dame des fleurs
en papier doré picote aussi, picote et picote
pour la confection d"'étrennes mignonnes"
de laine ou de soie (ou si c'est coton D.M.C.?), délicats
"ouvrages-précisément-de-dames",
dames patronnesses qui ne s'offusqueraient pas, voire
même le provoquant, du sexe.
Sa seule morale est de bien faire et de faire le bien.
A preuve, ses grenades amorcées, à coups
d'épingles, pour accompagner par exemple un bref
séjour á Ostende. Seule la valise est
restée dans le laboratoire-cuisine-atelier-salon
de la terroriste "au sourire si doux". Car
ne pas perdre de vue que Liana Zanfrisco joint en son
patronyme à la douceur énigmatique, c'est
bien connu-de Mona Lisa la menace permanente des pires
convulsions de l'écorce, bleue comme une
orange, de notre globe traqué terraqué.
On l'aura, je l'espère, compris, Liana c'est,
en la dénonçant, la conjuration ludique
et protéiforme du taedium vitae,
ce mal d'un siècle gros de technologie, de mondialisation,
de clownage et d'agro-alimentaire.'
Elle désintègre pour mieux intégrer;
elle exclut les exclusions, hormis celle de la laideur,
de la vulgarité et de la banalité qui
s'ignorent.
André
Blavier Verviers 2000
Erratum
En
vérité, wolan (= Wolfgang Schulte) m'avait
suggéré: "D'hommage à la femme".
Ma déférence instinctive m'a fait préférer
"Dame". Sans quoi d'ailleurs, j'eusse dû
rappeler cette Femme au collier de velours d'A. Dumas,
dont le gorgerin dissimule le fin liseré do sang
qu'a laissé le couperet de la guillotine. Ma
courtoisie a donc payé. Les âmes sensibles
m'en sauront gré.
(Quelques
éclaircissements)
Ces dames aux chapeaux verts: roman un temps
célèbre de Germaine Acremant: 3 ou 4 vieilles
filles un peu surannées
Madeleines éplorées: allusion
à Proust
Notre-Dame des Fleurs: titre de Jean Genet
Fleur en papier doré: allusion à
G. van Bruaene
étrennes mignonnes: sorte de keepsakes,
d'almanachs poétiques, destinés surtout
aux femmes
bleue comme une orange: allusion à Eluard
parfum de la dame en noir: célèbre
roman de Gaston Leroux
Huldigung
an die Dame...(erzwungene Überschrift) André
Blavier Verviers 2000
Übersetzung: Heribert Becker, Köln
Siehe dazu aber das obligatorische Erratum am Ende
dieses Textes. Eine Huldigung also, eine Hommage,
aber auch ein Dommage, ein Schade: um die Schanktischdamen
oder die Damen einer bis zur sittlichen Lockerheit
ausschweifenden Wohltätigkeit; für die Kameliendame,
die in jedem Boudoir ihre Lunge ausspuckt, oder für
die Weiße-Dame-die-euch-ansieht und zuhört
und die nicht einmal uniformierte Chorknaben abtreibt,
die im Gleichschritt (dem Gesetzesschritt) marschierend
Albernheiten im Stil "Ach, welch ein Vergnügen,
Soldahahat zu sein" (Boieldieu, Libretto von
Scribe) singen.
Und die demzufolge nicht die -Stief- oder sonst eine
Schwester der weißen Dame von Wilkie Collins
ist.
Aber tatsächlich d'hommage um die galanten Damen
Brantômes, diese schönen, züchtigen
Damen, die Liebe machen und ihren Gatten Hörner
aufsetzen... notfalls auf einer Ecke des Büfetts.
D'hommage auch um die Dame im See oder die
der Sagen von Artus' Tafelrunde, an der Liana, obschon
der Tisch viereckig ist, so gut die Honneurs macht,
tränenüberstömte Madeleinekuchen mit
vesuvischem Lacrimae Christi als Abschiedstrunk.
D'hommage um Liana, gewiß doch - zu deutsch
Liane, eine Pflanze, weiche impertinente Botaniker
(Dubuffets, botte á nique, pfui!)
überzeugt als rebentreibend zu bezeichnen wagen,
was nur die Vorstellung von irgendeinem knorrigen
Rebstock hervorzurufen vermag.
Aber Liana schert sich nicht um Stock und Wein, biegsam
und schlangenhaft in ihrem Etuikleid mit dem Duft
einer Dame in Schwarz (Nelkenduft vielleicht,
siehe Cronin). Wenn ich nicht Über etwas, eine
Rede halten kann und in etwa irgendwo Wittgenstein
darlege, dann sage ich nichts darüber.
Daher, als Deckmäntelchen, diese billigen, belanglosen
"kulturellen" An-, Be- und Umdeutungen,
um mein Gestammel, zu vertuschen, mein Unvermögen,
wie Rebensaft in kräziger Kelter die unaufhörlich
neu aufs Tapet gebrachte "Kreativität"
auszudrücken (ein Wort à la mode wie der
bæuf à la mode doch Liana folgt dem Ochsen
so wenig wie den Moden und übrigens auch nicht
irgendeinem Modell – was sie, zumindest bis
ans Ende dieser Welt, davor bewahren wird, altmodisch
zu werden wie diese Dame mit den grünen Hüten),
die erstaunliche Vielfalt und Fülle, dessen auszudrücken,
was den Fingern dieses schelmischen Kobolds entspringt.
Ihre Produktivität ("Sprache unserer Zeit“),
ironisch, oft
schalkhaft, ja bissig, doch unaufdringlich sündig,
grenzt zuweilen an etwas wie geschmackvollen Kitsch
ohne sentimentale Albernheit: eine Kitschparodie.
Kurzum an etwas, das zumindest in einer seiner Grundrichtungen
dem löslichen Fisch des Surrealismus einen Angelhaken
verpasst.
Auch an etwas, das einer richtig verstandenen 'Pataphysik
ziemlich nahesteht. So erinnern manche von ihren Geschöpfen
ein wenig an Robert Willems'difficulteurs,
die sie übrigens außerordentlich schätzt
und die wiederum ein bißchen wie jene oulipiens
sind, die sich abmühen, aus dem Labyrinth herauszukommen,
das sie sich selber aufgehalst haben.
Liana ist mehr Zeichnerin oder Ausschneiderin - so
scheint mir - als Koloristin auf der Fläche,
der (beängstigenden, sagte, er) Flachheit der
weißen Holztafel - ihre Collagen zum Beispiel
sind allesamt natürliche Paradoxa oder elektrisierende
Kurzschlüsse; die Vereinigung oder vielmehr das
Einssein zweier Elemente, die eine im allgemeinen
unerkannte oder verdrängte Notwendigkeit zwingt,
sich zu paaren (Magritte, wenn das nicht zu hoch gegriffen
ist).
Pikdame (oh Puschkin!), Notre-Dame von den Blumen
aus Goldpapier pickt auch, piekst und stichelt zwecks
Verfertigung "niedlicher Neujahrsgeschenke "
aus Wolle oder Seide (oder etwas aus D.M.C.-Baumwolle?),
delikater "]Handarbeiten von Damen" - eben!
-, von Wohltätig keitsvereinsdamen, die über
Sex nicht pikiert sind, sondern ihn gar provozieren.
Lianas einzige Moral ist: Tù's gut und tue
das Gute. Das, beweisen ihre mit Stecknadeln scharf
gemachten Handgranaten zum Mitnehmen für - beispielsweise
- kurze Aufenthalt in Ostende. Nur der Koffer ist
in dem Labor-Küche-Besuchszimmer-Atelier der
Terroristin "mit dem so sanften Lächeln"
zurückgeblieben.
Denn man sollte nicht übersehen, daß Liana
Zanfrisco in ihrem Familiennamen mit der - bekannterinaßen
rätselhaften - Sanftheit Mona Lisas die permanente
Drohung der schlimmsten Erschütterungen der Schale
- die so blau ist wie eine Orange unser schändlich
geschundenen Erde-Wasser-Kugel verbindet.
Man wird's, wie ich hoffe, begriffen haben: Liana,
das ist die Brandmarkung und zugleich die spielerische,
vielgestaltige Austreibung des taedium vitae, dieses
Weltschmerzes einer Welt, die strotzt vor Technologie,
Globalisierung, geklonten Clowns und Futtermittelindustrie.
Sie schneidet auseinander, um besser zusammenzufügen;
sie schließt das Ausschließen aus, ausschließlich
dessen jener Häßlichkeit, Vulgarität
und Banalität, die nicht wissen, daß sie
häßlich, vulgär und banal sind.André
Blavier Verviers 2000ErratumEigentlich
hat mir wolan (Wolfgang Schulte) "D'Hommage à
la femme" vorgeschlagen. Meine angeborene Ehrerbietung
hat mich veranlaßt, "Dame" vorzuziehen.
Übrigens hätte ich sonst an jene Frau mit
dem Samthalsband von A. Dumas erinnern müssen,
deren Halsschmuck die feine Blutborte verdeckt, die
das Fallbeil der Guillotine hinterlassen hat. Meine
Höflichkeit hat sich also ausgezahlt.
Die empfindsamen Seelen werden's mir danken.
Einige ErläuterungenDiese
Damen mit den grünen Hüten: seinerzeit
berühmter Roman von Gerimaine Acremant: drei
oder vier etwas antiquierte alte Jungfern
tränenüberströmte Madeleinekuchen: Anspielung auf Proust
Notre-Dame von den Blumen: Buch von Jean
Genet
Blumen aus Goldpapier: Ansspielung auf G.
van Bruaene
niedliche Neujahrsgeschenke: eine Art Andenken,
Poesiealmanache vor allem für Frauen
blau wie eine Orange: Anspielung auf Eluard
Duft der Dame in Schwarz: berühmter
Roman von Gaston LerouxÜbersetzung: Heribert
Becker, Köln
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