D'HOMMAGE A LA FEMME

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D'HOMMAGE A LA DAME... (titre imposé) de André Blavier

deutsche Version unten


Cependant, voir, in fine, l'erratum obligé.
Hommage, donc, mais aussi dommage: pour les dames de comptoir ou de charité désordonnée jusqu' à la petite vertu; pour la dame aux camélias qui crache ses poumons à tout boudoir ou pour la dame -blanche-qui-vous-regarde et écoute sans même avorter des enfants de choeur en uni
forme chantant au pas (le pas de loi) des inepties du genre "ah quel plaisir d'être soldat-ha" (Boieldieu, livret de cribe).
Et qui n'est donc pas la soeur, bâtarde ou non, de la dame blanche de Wilkie Collins.
Mais d'hommage, en effet, aux dames galantes de Bratôme, ces belles et honnestes dames qui font l'amour et leur mari cocu... fût-ce sur un coin de bahut.
D'hommage encore à la Dame du lac ou des légendes de la Table ronde, dont Liana, bien que quadrangulaire la table, fait si bien les honneurs: madeleines éplorées au vésuvien lacryma-christi pour coup de l'étrier.
D'hommage à Liana, assurément, liane (en français) que d'impertinents botanistes (hou! la botte à nique de Dubuffet) osent affirmer sarmenteuse, ce qui ne peut qu'évoquer quelque noueux cep de vigne.
Mais Liana se moque du cep comme de la feuille, souple
et serpentine en son fourreau au parfum de dame en noir (parfum d'oeillet peut-être, voyez Cronin).
Quand je ne puis faire le discours de quelque chose, énonce à peu près et quelque part Wittgenstein, alors, je n'en dis rien.
D'où, en guise de cache-misère, ces faciles et futiles allusions/illusions "culturelles" pour pallier mes bégaiements, mon impuissance à exprimer, comme jus de treille en pressoír bordélique, la sans cesse renouvelée "créativité" (mot à la mode comme le boeuf- mais Liana ne suit pas plus le boeuf que les modes, ni d'ailleurs quelque modèle que ce soit - ce qui lui épargnera, au moins jusqu'à la fin du monde, de se démoder comme dames aux chapeaux verts), l'étonnante variété et multiplicité de ce qui naît des doigts de ce malicieux lutin.
Goguenarde, souvent narquoise, acide même mais sans appuyer pécheresse, sa productivité ("langage de notre temps") frôle par moments ce qui serait un kitsch de bon goût et sans niaiserie sentimenteuse: une parodie de kitsch.
Quelque chose, somme toute, qui hameçonnerait, au moins, dans une de ses directions premières, le poisson soluble du surréalisme.
Quelque chose, aussi, d'assez proche d'une ‘Pataphysique bien entendue. Ainsi encore, certaines de ses créatures ne sont-elles pas sans rappeler les difficulteurs de Robert Willems, qu'elle apprécie d'ailleurs énormément, eux qui, à leur tour, seraient un peu comme ces oulipiens qui s'efforcent de sortir du labyrinthe qu'ils se sont eux-mêmes imposé.
Plus dessinatrice ou découpeuse- me semble-t-il- que coloriste sur le plat, la platitude (angoissante, disait-il) du panneau blanc-ses collages, par exemple, sont autant de paradoxes naturels ou de courts-circuits foudroyants; la réunion, l'union plutôt de deux éléments qu'une nécessité généralement méconnue ou refusée appelle à s'apparier (Magritte, si ce n'est trop blasphémer).
Dame de pique (ô Pouchkine!), notre-dame des fleurs en papier doré picote aussi, picote et picote pour la confection d"'étrennes mignonnes" de laine ou de soie (ou si c'est coton D.M.C.?), délicats "ouvrages-précisément-de-dames", dames patronnesses qui ne s'offusqueraient pas, voire même le provoquant, du sexe.
Sa seule morale est de bien faire et de faire le bien. A preuve, ses grenades amorcées, à coups d'épingles, pour accompagner par exemple un bref séjour á Ostende. Seule la valise est restée dans le laboratoire-cuisine-atelier-salon de la terroriste "au sourire si doux". Car ne pas perdre de vue que Liana Zanfrisco joint en son patronyme à la douceur énigmatique, c'est bien connu-de Mona Lisa la menace permanente des pires convulsions de l'écorce, bleue comme une orange, de notre globe traqué terraqué.
On l'aura, je l'espère, compris, Liana c'est, en la dénonçant, la conjuration ludique et protéiforme du taedium vitae,
ce mal d'un siècle gros de technologie, de mondialisation, de clownage et d'agro-alimentaire.'
Elle désintègre pour mieux intégrer; elle exclut les exclusions, hormis celle de la laideur, de la vulgarité et de la banalité qui s'ignorent.

André Blavier      Verviers 2000

Erratum

En vérité, wolan (= Wolfgang Schulte) m'avait suggéré: "D'hommage à la femme". Ma déférence instinctive m'a fait préférer "Dame". Sans quoi d'ailleurs, j'eusse dû rappeler cette Femme au collier de velours d'A. Dumas, dont le gorgerin dissimule le fin liseré do sang qu'a laissé le couperet de la guillotine. Ma courtoisie a donc payé. Les âmes sensibles m'en sauront gré.

(Quelques éclaircissements)
Ces dames aux chapeaux verts: roman un temps célèbre de Germaine Acremant: 3 ou 4 vieilles filles un peu surannées
Madeleines éplorées: allusion à Proust
Notre-Dame des Fleurs: titre de Jean Genet
Fleur en papier doré: allusion à G. van Bruaene
étrennes mignonnes: sorte de keepsakes, d'almanachs poétiques, destinés surtout aux femmes
bleue comme une orange: allusion à Eluard
parfum de la dame en noir: célèbre roman de Gaston Leroux

 

Huldigung an die Dame...(erzwungene Überschrift) André Blavier    Verviers 2000

Übersetzung: Heribert Becker, Köln


Siehe dazu aber das obligatorische Erratum am Ende dieses Textes. Eine Huldigung also, eine Hommage, aber auch ein Dommage, ein Schade: um die Schanktischdamen oder die Damen einer bis zur sittlichen Lockerheit ausschweifenden Wohltätigkeit; für die Kameliendame, die in jedem Boudoir ihre Lunge ausspuckt, oder für die Weiße-Dame-die-euch-ansieht und zuhört und die nicht einmal uniformierte Chorknaben abtreibt, die im Gleichschritt (dem Gesetzesschritt) marschierend Albernheiten im Stil "Ach, welch ein Vergnügen, Soldahahat zu sein" (Boieldieu, Libretto von Scribe) singen.
Und die demzufolge nicht die -Stief- oder sonst eine Schwester der weißen Dame von Wilkie Collins ist.
Aber tatsächlich d'hommage um die galanten Damen Brantômes, diese schönen, züchtigen Damen, die Liebe machen und ihren Gatten Hörner aufsetzen... notfalls auf einer Ecke des Büfetts.
D'hommage auch um die Dame im See oder die der Sagen von Artus' Tafelrunde, an der Liana, obschon der Tisch viereckig ist, so gut die Honneurs macht, tränenüberstömte Madeleinekuchen mit vesuvischem Lacrimae Christi als Abschiedstrunk.
D'hommage um Liana, gewiß doch - zu deutsch Liane, eine Pflanze, weiche impertinente Botaniker (Dubuffets, botte á nique, pfui!) überzeugt als rebentreibend zu bezeichnen wagen, was nur die Vorstellung von irgendeinem knorrigen Rebstock hervorzurufen vermag.
Aber Liana schert sich nicht um Stock und Wein, biegsam und schlangenhaft in ihrem Etuikleid mit dem Duft einer Dame in Schwarz (Nelkenduft vielleicht, siehe Cronin). Wenn ich nicht Über etwas, eine Rede halten kann und in etwa irgendwo Wittgenstein darlege, dann sage ich nichts darüber.
Daher, als Deckmäntelchen, diese billigen, belanglosen "kulturellen" An-, Be- und Umdeutungen, um mein Gestammel, zu vertuschen, mein Unvermögen, wie Rebensaft in kräziger Kelter die unaufhörlich neu aufs Tapet gebrachte "Kreativität" auszudrücken (ein Wort à la mode wie der bæuf à la mode doch Liana folgt dem Ochsen so wenig wie den Moden und übrigens auch nicht irgendeinem Modell – was sie, zumindest bis ans Ende dieser Welt, davor bewahren wird, altmodisch zu werden wie diese Dame mit den grünen Hüten), die erstaunliche Vielfalt und Fülle, dessen auszudrücken, was den Fingern dieses schelmischen Kobolds entspringt.
Ihre Produktivität ("Sprache unserer Zeit“), ironisch, oft
schalkhaft, ja bissig, doch unaufdringlich sündig, grenzt zuweilen an etwas wie geschmackvollen Kitsch ohne sentimentale Albernheit: eine Kitschparodie.
Kurzum an etwas, das zumindest in einer seiner Grundrichtungen dem löslichen Fisch des Surrealismus einen Angelhaken verpasst.
Auch an etwas, das einer richtig verstandenen 'Pataphysik ziemlich nahesteht. So erinnern manche von ihren Geschöpfen ein wenig an Robert Willems'difficulteurs, die sie übrigens außerordentlich schätzt und die wiederum ein bißchen wie jene oulipiens sind, die sich abmühen, aus dem Labyrinth herauszukommen, das sie sich selber aufgehalst haben.
Liana ist mehr Zeichnerin oder Ausschneiderin - so scheint mir - als Koloristin auf der Fläche, der (beängstigenden, sagte, er) Flachheit der weißen Holztafel - ihre Collagen zum Beispiel sind allesamt natürliche Paradoxa oder elektrisierende Kurzschlüsse; die Vereinigung oder vielmehr das Einssein zweier Elemente, die eine im allgemeinen unerkannte oder verdrängte Notwendigkeit zwingt, sich zu paaren (Magritte, wenn das nicht zu hoch gegriffen ist).
Pikdame (oh Puschkin!), Notre-Dame von den Blumen aus Goldpapier pickt auch, piekst und stichelt zwecks Verfertigung "niedlicher Neujahrsgeschenke " aus Wolle oder Seide (oder etwas aus D.M.C.-Baumwolle?), delikater "]Handarbeiten von Damen" - eben! -, von Wohltätig keitsvereinsdamen, die über Sex nicht pikiert sind, sondern ihn gar provozieren.      Lianas einzige Moral ist: Tù's gut und tue das Gute. Das, beweisen ihre mit Stecknadeln scharf gemachten Handgranaten zum Mitnehmen für - beispielsweise - kurze Aufenthalt in Ostende. Nur der Koffer ist in dem Labor-Küche-Besuchszimmer-Atelier der Terroristin "mit dem so sanften Lächeln" zurückgeblieben.
Denn man sollte nicht übersehen, daß Liana Zanfrisco in ihrem Familiennamen mit der - bekannterinaßen rätselhaften - Sanftheit Mona Lisas die permanente Drohung der schlimmsten Erschütterungen der Schale - die so blau ist wie eine Orange unser schändlich geschundenen Erde-Wasser-Kugel verbindet.
Man wird's, wie ich hoffe, begriffen haben: Liana, das ist die Brandmarkung und zugleich die spielerische, vielgestaltige Austreibung des taedium vitae, dieses Weltschmerzes einer Welt, die strotzt vor Technologie, Globalisierung, geklonten Clowns und Futtermittelindustrie.
Sie schneidet auseinander, um besser zusammenzufügen; sie schließt das Ausschließen aus, ausschließlich dessen jener Häßlichkeit, Vulgarität und Banalität, die nicht wissen, daß sie häßlich, vulgär und banal sind.André Blavier    Verviers 2000ErratumEigentlich hat mir wolan (Wolfgang Schulte) "D'Hommage à la femme" vorgeschlagen. Meine angeborene Ehrerbietung hat mich veranlaßt, "Dame" vorzuziehen. Übrigens hätte ich sonst an jene Frau mit dem Samthalsband von A. Dumas erinnern müssen, deren Halsschmuck die feine Blutborte verdeckt, die das Fallbeil der Guillotine hinterlassen hat. Meine Höflichkeit hat sich also ausgezahlt.
Die empfindsamen Seelen werden's mir danken.

Einige ErläuterungenDiese Damen mit den grünen Hüten: seinerzeit berühmter Roman von Gerimaine Acremant: drei oder vier etwas antiquierte alte Jungfern


tränenüberströmte Madeleinekuchen: Anspielung auf Proust
Notre-Dame von den Blumen: Buch von Jean Genet
Blumen aus Goldpapier: Ansspielung auf G. van Bruaene
niedliche Neujahrsgeschenke: eine Art Andenken, Poesiealmanache vor allem für Frauen
blau wie eine Orange: Anspielung auf Eluard
Duft der Dame in Schwarz: berühmter Roman von Gaston LerouxÜbersetzung: Heribert Becker, Köln

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